Le chef Thomas G. Flanagan fut un véritable visionnaire quant au rôle des femmes de collectivités racialisées et autochtones dans la police

Affiché le jeudi février 18 2021
Cornelia Gillespie-Joseph fut, en 2020, l'une des deux récipiendaires de la bourse d’études Thomas G Flanagan É.C.
Cornelia Gillespie-Joseph fut, en 2020, l'une des deux récipiendaires de la bourse d’études Thomas G Flanagan É.C.

Thomas G. Flanagan, qui servit au sein du Service de police d’Ottawa (SPO) de 1951 à 1993, dont cinq années en tant que chef de police, reconnut le besoin d'intéresser des femmes issues de collectivités racialisées ou autochtones à opter pour une carrière dans la police.

Son petit-fils, Avery Flanagan, un sergent du SPO, considère son grand-père son héros et se souvient qu’on lui avait parlé, adolescent, des changements que son grand-père jugeait nécessaires.

« Je suis de la troisième génération de policiers dans ma famille », dit Avery, dont trois oncles firent aussi fait partie du SPO. L'un d'eux, l'inspecteur Pat Flanagan, y travaille toujours.

« Mon grand-père disait qu'un changement devait s'opérer, qu'un service de police doit être inclusif afin de servir tous les membres de la collectivité. Je ne le réalisais pas alors, mais il était un vrai visionnaire. 30 ans plus tard, cette conversation se poursuit toujours. »

En 1993, le chef Flanagan instaura une bourse d’études à l'intention des femmes des collectivités racialisées et autochtones pour les aider à poursuivre des études dirigées vers une carrière dans un domaine relatif à l'application de la loi.

La première récipiendaire de cette bourse d’études fut Debbie Miller. Elle avait grandi à Ottawa en logement communautaire.

« Une carrière dans la police, ce n'était pas ce que j'envisageais », se rappelle Debbie, « c'est plutôt le métier policier qui est venu me trouver. »

Tandis qu'elle fréquentait l'Université Carleton, elle se cherchait un emploi d'été quand elle tomba sur un avis d'emploi vacant publié par l'Alliance de la Capitale nationale sur les relations interraciales (ACNRI), qui proposait aux membres racialisés de la collectivité des perspectives d'emploi dans le domaine policier.

« Cet emploi me fit connaître la police dans une autre optique. Ce que j'ai vu m'a intriguée, et j'ai réalisé que je disposais de plusieurs des compétences nécessaires pour être une agente accomplie. Ce qui m'a frappé cependant, c'était qu'au sein du service, personne d'autre ne me ressemblait. »  

Debbie travailla comme civile auprès du SPO avant de devenir l'une des cinq premières Noires embauchées comme agentes de police en 1994. 

« Pour une femme, entrer dans une profession dominée par les hommes était intimidant, d'autant plus en tant que femme noire. Je devais non seulement me débrouiller en tant que femme, mais je devais m'intégrer dans une institution qui n'avait jamais connu qui que soit me ressemblant dans un rôle d'agent.  Contrairement à mes consœurs blanches, déjà présentes dans l'organisation, j'ouvrais de nouveaux horizons et je devais, d'une manière ou d'une autre, faire ma place au sein du SPO. »

Debbie vit rapidement que ses antécédents et sa couleur seraient un atout. « Côté confiance, il y a bien des problèmes entre la police et la collectivité noire », dit-elle. « Quand tu fais partie de la collectivité que tu sers, les gens voient en toi quelqu'un de familier auquel ils peuvent s'identifier. »

« Quand tu reflète la collectivité que tu sers, ça peut soulager la peur, bâtir la confiance, et donner lieu à des conversations honnêtes. »

Même si les femmes d'origines raciales diverses y sont encore peu nombreuses, les femmes sont bien représentées, occupant divers postes et grades du service de police. Cela démontre que les efforts pour éliminer les obstacles systémiques portent fruit, mais il importe de poursuivre le travail afin que le SPO en vienne à offrir un reflet fidèle de la collectivité ottavienne.

Au fil des 27 ans de sa carrière, elle a connu des défis, mais elle a également eu l'occasion de tisser des liens et d'abattre des barrières, tant au sein de l'organisation que de la collectivité.

« De nos jours, on peut constater que des femmes de différentes appartenances ethniques occupent une vaste gamme de postes et de grades dans le corps policier. Cela démontre que nous éliminons des entraves de longue date en matière d'embauche et d'avancement, et que les femmes de diverses origines peuvent désormais envisager de faire carrière ici. »

Debbie détient le deuxième grade le plus élevé parmi les agentes noires du SPO. En tant qu'inspectrice, elle est fière du travail qu'elle a accompli pour ouvrir la voie aux femmes racialisées rejoignant la police aujourd'hui.

« Je suis fière d'être agente de police. Je suis reconnaissante envers le regretté chef Thomas Flanagan, parce qu'il fut visionnaire et pour avoir reconnu l'importance de compter sur des femmes racialisées au sein du SPO. Mon message aux autres femmes racialisées et autochtones: « on a pour vous aussi un uniforme qui vous attend. » 

Cornelia Gillespie-Joseph est une de ces personnes espérant mener carrière auprès du SPO. Elle fut, en 2020, l'une des deux récipiendaires de la bourse d’études Thomas G Flanagan É.C.

Comme Debbie, Cornelia n'avait jamais songé à une carrière dans la police. « Il y avait tout un lot d'idées préconçues sur la police transmises depuis l'enfance par diverses influences, notamment la parenté, les amis et les médias. »

Ne mesurant que 1,57 m (5 pi 2 po) et ne pesant que 54 kg (120 lb), elle se croyait trop petite pour être policière.

Mais après avoir passé un été avec l'Initiative Expérience de travail dans les services policiers pour les jeunes, où elle put constater directement comment les agents font leur travail, elle réalisa que dans la police, la taille n'est qu'un facteur parmi bien d'autres.

« J'ai la possibilité de changer les choses pour le mieux entre la police et les collectivités racialisées », dit Cornelia. « Lorsque je regarde le SPO de nos jours, je me vois. Il y a beaucoup de diversité. »

Cornelia obtint son diplôme en techniques policières au Collège Algonquin en 2020. Elle prévoit consacrer la bourse d’études à son grade de premier cycle en Droits de la personne et justice sociale, dans le but de devenir policière.

« J'ai hâte de venir en aide aux jeunes », dit-elle. « Je crois que mon vécu me permet de comprendre ce qu'ils traversent et de les conseiller pour les aider à prendre de bonnes décisions. »

Pour plus de détails au sujet de la bourse d’études Thomas G. Flanagan É.C. de $2000 de l’édition 2021, consultez le https://www.ottawapolice.ca/fr/careers-and-opportunities/Bursaries-and-Scholarships.aspx

Pour en savoir plus sur le processus d'embauche, allez au https://www.ottawapolice.ca/fr/careers-and-opportunities.aspx.