Le chef Sloly réitère son engagement à améliorer la police à Ottawa

Affiché le lundi juin 01 2020

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE: le lundi 1 juin 2020, 8h55

Une vidéo complète des éléments suivants est disponible en ligne 

Ottawa - Les événements locaux et internationaux des deux derniers mois m'ont secoué tant sur le plan professionnel que personnel - des répercussions continues de la pandémie mondiale de la COVID-19, aux événements tragiques à Minneapolis, en passant par la dernière série de problèmes internes et de confiance du public touchant le Service de police d’Ottawa (SPO).

Nous sommes tous sous le choc de ces durs coups. Mais en ces temps-ci, nous devons demeurer inspirés à faire de notre mieux pour venir en aide à chacun et à chacune des collectivités d'Ottawa.

Ces expériences ont aussi eu l'effet de valider plus encore ma décision de me porter candidat pour diriger le SPO et de déménager ma famille pour nous établir à Ottawa.

Durant cette période extrêmement éprouvante, nous avons embauché de nouveaux membres, tant civils qu'assermentés, et promu des agents aux grades de sergent, d'inspecteur et de surintendant. Ces membres du SPO, nouveaux comme chevronnés, représentent le meilleur de nos valeurs sociétales et organisationnelles. Au fil des deux prochains mois, nous allons procéder à une nouvelle série d'embauches et de promotions ainsi qu'à faire progresser la nouvelle structure de l'organisation même. L'avenir sera rempli de défis, mais j'ai hâte de collaborer avec tous ces nouveaux membres et dirigeants pour faire avancer le SPO et œuvrer à faire de cette ville un endroit plus sain, plus sûr et plus inclusif pour tout le monde.

Ceci dit, nous devons demeurer lucides face à l'état actuel des choses et demeurer résolus à guider l'organisme au travers de cette pénible et bouleversante période.

À titre de chef du SPO, j'ai prononcé de nombreux discours et déclarations mais, en ce moment d'une importance cruciale, il s'impose que je réaffirme ma position et celle du Service quant à cette affaire.

Premièrement, permettez-moi de préciser qu'aucun harcèlement ou violence sexuels en milieu de travail ne sera toléré au sein du SPO. Nous devons faire tout le possible pour empêcher de tels incidents de se produire, tout en apportant aux membres la confiance de signaler ces incidents, réduisant la crainte de représailles et aboutissant à de meilleures issues.

Je peux vous apprendre que le projet commun de la Commission de services policiers et du SPO portant sur cette question avance rapidement depuis son lancement, la semaine du 16 mars 2020. La Commission s'est révélée une partenaire très active et fort efficace et le chef-adjoint intérimaire Joan Mckenna a contribué son remarquable leadership, aux côtés de la Commission, de l'équipe centrale du projet et de nos intervenants communautaires.

Et je le répète, on ne tolérera aucunement le harcèlement au travail, qu'importe sous quelle forme il se manifeste. Aucun membre ne doit être ciblé ou marginalisé en raison de sa race, de son sexe, de sa confession ou tout autre motif interdit. Chacun de nous doit respecter l'esprit et la lettre de la législation sur le respect en milieu de travail au sein du Projet de loi 168.

Lorsque de tels actes ont lieu, aucun membre ne doit se contenter de n'être qu'un spectateur - si l'on voit ou l'on entend quelque chose de déplacé, on doit s'exprimer et poser les bons gestes pour y remédier. Il n'y a plus d'excuses.

Il y a en cours plusieurs enquêtes et procédures judiciaires menées par la Section des normes professionnelles (SNP) et portant sur la conduite de certains de nos membres. Le SPO va continuer à consacrer les plus hauts niveaux d'intégrité, d'intensité, d'investissement et d'innovation à toutes les affaires de ce genre.

Permettez-moi de vous mettre au fait des progrès de l'enquête de la SNP sur les mèmes, qui est tout à fait terminée. À sa lumière, nous avons porté, en vertu de la Loi sur les services policiers, des accusations contre un membre en lien avec la création et la distribution d'un des mèmes. 

Cependant, d'autres problèmes se sont manifestés dans la foulée de cette enquête, nécessitant un plus large éventail de résolutions d'entreprise.

Tout d'abord, il y a eu une fuite importante de renseignements hautement confidentiels et  sensibles aux médias. Ceci eut l'effet de persécuter davantage les personnes dépeintes dans les mèmes ainsi que leurs proches. D'autres membres du SPO et leurs familles furent aussi pris pour cibles. La réputation du SPO fut encore éclaboussée et la confiance du public à son endroit fut à nouveau minée. C'est pour cela que j'ai déclenché une enquête administrative complète qui sera menée par la SNP sur les fuites au sein du SPO.

La deuxième mesure que nous allons prendre à la suite de cette enquête de la SNP est l'instauration d'un éventail complet de mesures correctives au sein de notre entreprise. Il était clair que les politiques, la formation, la procédure et les pratiques pertinentes furent insuffisantes pour prévenir et gérer cette situation. En conséquence, nous allons remanier les politiques connexes, nous abordons les problèmes de technologie de l'information, et chacun des membres du SPO, dont moi-même, prendront part à une initiative de formation et de sensibilisation à l'échelle du Service au cours des douze prochains mois. Cette initiative s'amorcera immédiatement. Elle aidera le Service à mieux comprendre et à aborder les questions d'intersectionnalité affectant les membres de minorités, raciales et autres, au sein de notre milieu de travail.
Réparer notre maison et veiller sur la santé et la sûreté des membres de notre famille a jusqu'ici été ma première priorité, et le restera.

On peut rarement, si c'est même possible, déterminer le motif véritable des agissements d'un individu, mais on peut constater les répercussions de ces actes. Qu'importe l'intention des gens s'adonnant à ces actes, je n'hésiterai pas à prendre les mesures qui s'imposent afin d'évaluer, d'aborder et de redresser ces fautes tout en faisant tout mon possible pour protéger les membres du SPO et l'entière collectivité de ceux qui voudraient leur faire du tort. Ainsi, je vais consacrer les ressources nécessaires (argent, effectifs et temps) à ces priorités tout au cours de mon mandat comme chef du SPO.

Nous devons tous être bien plus renseignés et conscients de la manière dont ces actes se manifestent en milieu de travail - qu'ils se présentent sous forme de microagressions, d'intimidation, de persécution collective, de représailles, ou encore d'un type de mèmes malicieux, de fuites immorales aux médias ou de tous les autres gestes connexes d'omission et de commission. Ce sont tous là des exemples d'actes douloureux qui nuisent à nos membres ainsi qu'à la confiance que porte le public à l'endroit de notre Service.

Finalement, je tiens à aborder les événements internationaux et locaux auxquels sont présentement confrontés les membres du SPO et de la collectivité, et qui les affectent tous. Le mouvement #MeToo a dévoilé les expériences accablantes des femmes dans nos milieux de travail. Les recherches sur l'état de stress post-traumatique et les troubles de santé qui s'y rattachent ont démontré à quel point nos efforts actuels sont insuffisants pour prévenir de tragiques suicides chez les policiers. 

Les événements qui se déroulent à Minneapolis et d'un bout à l'autre des États-Unis affectent les collectivités et les services policiers au Canada et ici-même à Ottawa. La situation touche des membres de notre communauté noire, y compris nos propres membres de race noire. Tout la gamme des collectivités est touchée et chacun des membres du SPO en est affecté d'une manière ou d'une autre. J'en suis moi-même durement affecté.

Ces événements tragiques à l'étranger ont rouvert chez nous des plaies encore sensibles. Depuis l'allumage de cette nouvelle poudrière raciale aux É.-U., je me suis affairé à aller à la rencontre des membres du SPO, des dirigeants communautaires d'ici, ainsi que des dirigeants policiers et communautaires à l'échelle internationale.

Même si de nouveaux renseignements et de nouvelles perspectives nous arrivent quotidiennement, il y a tant de choses qui auraient pu être faites pour que M. George Floyd soit encore en vie aujourd'hui.

Je me joins aux nombreux autres dirigeants policiers, juridiques et communautaires pour faire part à la famille Floyd de notre chagrin face à leur perte. J'ajoute ma voix à celle de tous ceux qui exigent des mesures immédiates au sein du système juridique, et toutes les institutions et de tous les milieux sociaux pour un changement des circonstances sous-jacentes à de telles tragédies.

Il y a tellement d'individus, de familles, d'organismes et de collectivités qui sont touchés par les répercussions d'un tel incident - y compris des gens ici même à Ottawa. Le SPO se tient solidaire avec tous les gens qui connaissent l'injustice et qui s'efforcent à bâtir une société plus sûre, plus juste et plus inclusive.

Je reconnais que l'inégalité et l'injustice sont une réalité, ici dans la capitale nationale. Cette ville où j'habite et ce pays que j'aime comptent, dans leur histoire récente comme ancienne, leurs propres exemples de points d'ignition raciaux entre la police et la collectivité. Accordez-moi l'occasion de réitérer clairement ma résolution à faire tout en mon pouvoir pour améliorer la capacité du SPO à servir, protéger et respecter tous les gens d'Ottawa.

Le SPO s'efforcera toujours d'être véritablement à l'écoute du vécu des gens et des collectivités les plus directement atteintes par des événements tragiques de cette nature. On aura besoin d'entretenir un dialogue sérieux et continu avec eux, ainsi d'agir envers eux avec empathie et cohérence. Pour ce faire, nous devons travailler au sein de la collectivité et avec elle pour organiser, animer et prendre part à des conversations difficiles, braves et brutalement honnêtes au sujet de ces questions vexantes et complexes.

Ensuite, nous devrons passer de l'écoute et du dialogue à la mise sur pied de partenariats avec la collectivité, dans le cadre desquels nous pourrons engendrer ensemble les changements organisationnels, culturels et sociétaux dont nous avons besoin et que nous méritons, ici-même au sein du SPO et de la Ville d'Ottawa.

Grâce aux efforts conjugués des dirigeants engagés de tous grades et rôles au sein du   Service, nous allons continuer à faire tout le possible afin de mieux évaluer, aborder et réparer les problèmes de criminalité, de corruption et de conduite au sein du SPO. On fera notamment appel à tout l'éventail d'outils disciplinaires traditionnels, soit les enquêtes, poursuites, sanctions et séparations. On compte aussi la gamme de nouveaux outils: médiation, réparation, réhabilitation, réconciliation et rétablissement. Le processus comprendra des nouveaux partenariats avec la Commission et des organismes externes, des spécialistes et des universitaires en vue d'une évolution et d'une amélioration continue de notre organisme pour mieux servir tous nos membres et la collectivité dans son ensemble.

On peut y arriver, mais seulement si l'on s'y met ensemble.

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