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Un regard sur 150 ans de communications de la Police d'Ottawa

Les détenus de la prison de la rue Nicholas y vivaient dans des conditions pénibles 

Un regard sur la croissance routière en Ontario

Fêtons le 150e anniversaire du Canada avec un coup d'œil sur la police à Ottawa, « hier et aujourd'hui »

Tout au long de son histoire, la Police d'Ottawa a prisé le travail des bénévoles


Un regard sur 150 ans de communications de la Police d'Ottawa

Par Dawson Hébert-Arsenault (avec données tirées du « A History of the Ottawa Police » de Gilles Larochelle)

Aujourd'hui, la technologie propose une foule de manières de contacter la police, mais comment s'y prenait-on il y a 150 ans?

Ottawa au 19e siècle, c'était un tout autre lieu et une toute autre époque. Cette bourgade de bûcherons était crainte à travers l'Amérique du Nord en raison des bagarreurs et des durs à cuire qui l'habitaient. Les chantiers du Canal Rideau  y attirèrent, d'à travers le monde, des hommes qui travaillaient et buvaient avec la même ardeur. En ces jours-là, les motifs communs d'arrestation de l'époque comprenaient l'ivresse et l'inconduite, les propos injurieux, et la fréquentation ou l'exploitation de maisons closes (qu'on appelait alors « maisons de débauche »).  En ces premiers jours, la seule manière d'alerter un policier à une urgence était de l'interpeller dans la rue.

En 1877, Alexander Graham Bell vint à Ottawa en vue de négocier la première location publique d'un téléphone au Canada, qui fut installé à Rideau Hall. En 1882, la Ville installa un téléphone dans la résidence privée du chef de police. Cet appareil fut la première ligne permanente permettant de contacter le corps policier d'Ottawa.

Les téléphones résidentiels n'étaient pas d'usage courant avant l'arrivée, en 1900, du premier système téléphonique à batterie centrale. Auparavant, les citoyens n'auraient pas été en mesure de passer un appel téléphonique à la police.

Parmi les autres améliorations apportées par le service de police en matière de communication, on compte l'installation de radios unidirectionnelles dans les voitures de police en 1935 (seulement quatre voitures en ce temps-là). En 1941, les agents en patrouille obtinrent des émetteurs-récepteurs leur permettant de communiquer avec la répartition policière.

Au fil du siècle, le rôle du téléphone au sein des services d'urgence s'accrut considérablement. Dans les années 1970, la Police Ottawa munit chacun de ses agents de faction d'une radio bidirectionnelle portative, ce qui améliora radicalement la sûreté et l'efficacité des agents en service.

En 1978, la Police d'Ottawa fut le premier service de police au Canada à mettre en œuvre une répartition assistée d'ordinateur. À l'époque, ce système était le plus avancé en son genre.

En 1988, Ottawa passa au système téléphonique d'urgence 9-1-1, en vigueur à ce jour. Ce système permit aux gens de tout âge et de tout milieu de simplement composer  le 9-1-1 sur le téléphone le plus près pour appeler à l'aide.

De nos jours, avec ses 120 membres, le Centre des communications gère les appels d'urgence et tous les autres appels à travers la ville. Ces employés appuient et déploient les agents afin que ceux-ci arrivent rapidement sur les lieux pour servir la collectivité.

Le Centre de communication et service 9-1-1 d'Ottawa traite annuellement près de 400 000 appels de service et comprend des services de traduction disponibles en tout temps et en 142 langues. 


Droits des femmes - On en a fait du chemin, bébé!

Par Peggy Staruch

Vers la fin des années 1960, alors que le monde était témoin de changements des mentalités en rapport au sexe, à la race, et aux stéréotypes, une campagne publicitaire parut épouser la révolution féministe en cours. Dans la pub, une femme apparaissait seule, tenant divers rôles, de la femme d'affaires à Superman -- et en caractères gras, on pouvait lire: You've come a long way, baby (« Tu en as fait du chemin, bébé »)

En tant que femmes, on a fait tout un bout de chemin.

En 1851, le Nouveau-Brunswick accorda aux femmes abandonnées ou désertées le droit de disposer de leurs finances et de gérer leurs propres biens.

« Jusqu'aux années 1850, les femmes mariées, dans les colonies des Maritimes et du Haut-Canada, n'avaient aucun droit reconnu par la loi de détenir ou d'exploiter des biens, sauf dans les cas prévus par l'équité, » selon l'ouvrage de Peter Ward, Courtship, Love, and Marriage in the Nineteenth-English Canada. En termes de droit civil, une femme mariée n'avait pas d'existence régulière. On lui refusait le droit de faire un testament, de vendre des biens, de souscrire un contrat, ou de faire des affaires sans le consentement de son mari.

Ce n'est qu'en 1859 qu'une femme mariée pouvait, au Canada, pouvait détenir des biens en autonomie, hors du contrôle de son mari.

La Loi de 1857 sur le divorce et les causes matrimoniales permettait le divorce, mais elle avantageait nettement les hommes au détriment des femmes. D'après l'ouvrage d'Horace Nelson, Selected Cases, Statutes and Orders, un mari pouvait demander le divorce au seul motif que son épouse avait commis l'adultère. L'épouse, par contre, devait prouver toute une gamme d'infractions, comme la cruauté, l'inceste, la bigamie, ou l'abandon, pour qu'on lui accorde le divorce.

Des progrès furent accomplis lors des décennies 1880 et 1890 sur le plan du travail des femmes. En 1880, le Canada accorda aux femmes le droit de fréquenter l'université; vers la fin des années 1880, les femmes habitant l'Ouest américain purent se prévaloir de congés de traite, et à compter de 1895, elles purent œuvrer comme avocates. 

Au tournant du siècle, le mouvement suffragiste, qui visait à l'obtention des droits de la personne fondamentaux pour les femmes, sortit enfin victorieux en 1916 lorsque les femmes se virent accorder le droit de vote et celui de se porter candidates à une charge politique au Canada - généralement au sein des conseils municipaux ou scolaires. Le mouvement suffragiste, c'était bien plus que le droit de vote; au départ, il avait été formé afin de permettre aux femmes de s'élever au dessus d'un état où elles étaient pratiquement considérées comme du bétail. Le mouvement fit pression en faveur de réformes du système éducatif et vit l'inclusion des garçons et des filles dans l'obligation scolaire pour la nation.

« Les femmes durent d'abord convaincre le monde qu'elles étaient dotées d'une âme, ensuite qu'elles avaient un esprit, ce qui mena à cette question d'entité politique, et la fin n'est pas en vue, » écrivit la féministe canadienne Nellie McClung, qui, avec ses consœurs Henrietta Muir Edwards, Emily Murphy, Louise McKinney et Irene Parlby, furent baptisées les « Cinq célèbres » qui lancèrent l'affaire « Personnes » qui fit valoir que les femmes devraient être éligibles à des postes (notamment le Sénat).

Le 14 mars 1928, la Cour suprême du Canada décida que l'article 23 de la Loi constitutionnelle devrait être modifié, remplaçant le masculin « il » par le « personne » neutre, et accordant aux femmes la possibilité de siéger au Sénat. Les candidates devaient toujours posséder des biens d'une valeur minimale de 4000$ et être âgées d'au moins 30 ans. Et s'ensuivirent plusieurs mois de débats à établir si la définition de « personnes » incluait les femmes.

La Cour suprême dut intervenir et clarifier que c'était bien le cas.

Mais la montée fut tout de même pénible.

Un article paru en 1955 dans le magazine Good Housekeeping et intitulé The Good Wife's Guide (« Le guide de la bonne épouse ») conseillait aux femmes quant à la manière de « plaire » à leur mari. Voici quelques-uns des conseils prodigués: « Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et ayez l'air fraîche », « N'oubliez pas que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres », « Ne vous plaignez pas s'il est en retard pour le souper, ou même s'il ne rentre pas de la nuit. » Au bout du compte, « Une bonne épouse connaît sa place. »

Il fallut attendre la Loi sur les Indiens en 1960 pour accorder le vote aux femmes autochtones vivant sur des réserves. À partir de la même année, les femmes eurent la possibilité de se présenter à une élection, sans les restrictions antérieures liées aux biens, à l'âge, et à la valeur.

En 2000, le Canada apporta une modification à la Loi sur les normes d'emploi, indiquant qu'une femme ne pouvait être moins payée qu'un homme si elle effectuait un « travail égal. »  Néanmoins, des dispositions furent prises pour permettre une disparité salariale fondée sur un système d'ancienneté; un régime du mérite; tout système mesurant les gains par la quantité ou la qualité de production; et toute différence ne reposant pas sur le sexe de l'employé - ce qui laissait beaucoup de place à l'interprétation de la disparité salariale entre les sexes.

En Ontario, la Loi sur l'équité salariale fête son 30e anniversaire, et elle fut la première tentative du Canada à réglementer les salaires liés à des occupations traditionnellement perçus comme « emplois féminins.»  Cependant, ce n'est pas encore l'égalité salariale. Au Canada, selon une étude menée en 2016 par Statistique Canada, une femme gagne encore en moyenne 74,2 cents pour chaque dollar que gagne son homologue masculin.

« La présence d'une disparité salariale entre les sexes en 2016 au Canada est inacceptable, » déclara la ministre de la Condition féminine Patty Hajdu dans un communiqué. « Notre gouvernement croit fermement au principe d'un salaire égal pour un travail de valeur égale et au traitement équitable de tous les travailleurs en milieu de travail, et nous sommes résolus à prendre des mesures en vue d'éliminer la disparité salariale entre les sexes, de soutenir l'avancement économique des femmes et de réduire l'inégalité des revenus. »

Au Canada, les femmes composent 50,4% de la population. Par l'habilitation, l'éducation, et l'appui, les femmes assument des rôles non-traditionnels, deviennent le soutien de leur famille, briguent les suffrages, et évoluent même au sein d'équipes sportives masculines.

À l'aide du soutien et des occasions appropriés, nous pouvons éliminer les disparités existantes pour la  nouvelle génération de docteurs, de soldats, de pilotes, de premiers ministres - tout ce à quoi une jeune fille peut aspirer, sans restriction.

Le Service de police d'Ottawa (SPO) est résolu à s'affairer, avec ses partenaires de première ligne, à mieux servir toutes les personnes s'identifiant comme femme à Ottawa. Au moment de fêter nos 150 ans en tant que nation, il importe de jeter un regard en arrière afin de constater le trajet que nous avons parcouru ensemble.

Et nous avons fait énormément de progrès.

Même s'il reste bien de l'ouvrage à accomplir du côté des questions féminines, le SPO va continuer à solliciter la rétroaction et les conseils de ses précieux partenaires et parties prenantes en vue de poursuivre ce qui fut chèrement acquis par les suffragettes à l'aube du siècle dernier.

 


 Tout au long de son histoire, la Police d'Ottawa a prisé le travail des bénévoles

Par Dawson Hébert-Arsenault (avec données tirées du
« A History of the Ottawa Police » de Gilles Larochelle
)

Adventuriers de la police

À une époque, le travail policier à Ottawa était entièrement assumé par des bénévoles. En soirée, ces bienveillants membres de la collectivité complémentaient leur labeur quotidien par du travail policier.

Au début, Bytown était une grossière ville forestière redoutée à travers l'Amérique de Nord. Dans les environs, de nombreux ouvriers travaillaient à la construction du canal Rideau du Colonel By. Ces hommes meublaient leurs soirées en buvant et en se bataillant jusqu'aux petites heures. De vives tensions entre les Irlandais catholiques, les Franco-catholiques et les Anglo-protestants engendraient fréquemment de la bagarre.

On ne pouvait convoquer la milice postée sur la Colline des Casernes (la présente Colline du Parlement) pour se charger de tous les troubles mineurs qui survenaient en ville. Ainsi, en octobre 1835, l'Association de Bytown pour le maintien de la paix publique fut mise sur pied, comptant bientôt plus de 200 membres.

Ces bénévoles accomplissaient des tâches comme la veille de nuit et le transport des prisonniers vers le palais de justice. Afin de couvrir les frais de transporter les contrevenants et de les traduire en justice, un fonds de souscription fut mis sur pied. En raison de conflits internes, de veilles de nuit manquées, et d'un manque de soutien de la Province, l'Association fut dissoute au bout de quelques années.

Le premier corps policier officiel fut la Police de Bytown, formée de neuf hommes ainsi que d'un chef des constables. Ces premiers constables étaient rémunérés en vertu d'un système « par service », ce qui veut dire qu'ils n'étaient payés que lorsqu'ils menaient à bien une arrestation.

La centaine d'années suivante fut pour la Police d'Ottawa une période d'industrialisation et de modernisation. La taille réduite du corps policier signifiait qu'on ne disposait ni du temps ni des ressources pour y intégrer des membres bénévoles. Durant cette période, le rôle des bénévoles fut minime.

Cependant, de là aux années 1970, le mandat de la Police d'Ottawa s'était élargi pour englober d'autres facettes de la sécurité publique. Cette nouvelle tendance en matière de sécurité publique amena une multitude de programmes de prévention du crime. Ces nouveaux programmes firent largement appel aux bénévoles.

Parmi les groupes de bénévoles, on doit noter le « Chœur de la Police d'Ottawa ». Fondé en 1972 avec trente hommes, il fut à l'origine baptisé le « Ottawa Police Male Chorus ». Le groupe ouvrit plus tard ses rangs aux femmes et aux membres de la collectivité. De nos jours, ils se produisent chaque année lors de diverses occasions. En dehors des réceptions policières, ils peuvent être engagés à titre privé pour se produire lors de noces, funérailles et concerts.

Aujourd'hui, des centaines de bénévoles aident le SPO dans le cadre de ses occupations quotidiennes comme de ses activités exceptionnelles. 

Police auxiliaire d'Ottawa

Il y a la Police auxiliaire d'Ottawa, qui compte une vingtaine de membres. Il s'agit d'un personnel  bénévole qui est formé pour accompagner et prêter main-forte aux agents en service.

Les jeunes âgés de 14 à 18 ans peuvent prendre part au programme des Aventuriers de la police pour une expérience bénévole à caractère plus éducatif et convenant à leur tranche d'âge.

Des bénévoles sont aussi à l'œuvre dans nos centres de police communautaire, où leur rôle est d'impliquer la collectivité et d'appuyer des initiatives de sensibilisation liées à la sécurité publique.

Pour certains, le bénévolat est un moyen de se familiariser avec une éventuelle carrière. Pour d'autres, il est axé sur la satisfaction personnelle qui découle de faire changer les choses dans la communauté. Nos bénévoles sont un élément de l'organisation grandement apprécié, et la Police d'Ottawa est heureuse de souligner l'apport et le service de ses bénévoles d'hier et d'aujourd'hui.                        

 


 

Les détenus de la prison de la rue Nicholas y vivaient dans des conditions pénibles

Par Lysia Filotas 

Avant que la première prison d'Ottawa ne devienne une auberge, elle était située dans le sous-sol du nouveau palais de justice municipal, sur un terrain accordé par l'éminent propriétaire foncier Nicholas Sparks.

En réponse à des années de critiques quant au manque d'espace dans la prison existante, la prison de la rue Nicholas, conçue par l'architecte Henry Horsey, fut inaugurée en 1862. 

Si l'édifice de trois étages et demi fut conçu dans l'optique d'être imposant, les détenus furent davantage intimidés par les déplorables conditions de vie accompagnant un séjour derrière les barreaux. Les détenus de la prison de la rue Nicholas n'avaient pas grand-chose à faire, sauf d'errer sans but au long des corridors ou attendre le lendemain dans une cellule sans chauffage, ni éclairage, ni ventilation, ni toilettes.

La prison de la rue Nicholas hébergeait des meurtriers, des gens atteints de maladie mentale et d'autres incarcérés pour des infractions mineures, telles que l'ivresse ou l'inconduite. Les archives de la prison font état de langage grossier et querelleur comme motifs d'emprisonnement, particulièrement si les propos insultants ou litigieux avaient été tenus en public.

Dans l'ancien temps, les enfants ne faisaient pas l'objet de lois distinctes. Les petits devaient répondre des mêmes accusations que les adultes, quoique les juges fussent plus susceptibles de faire preuve de clémence à l'endroit des enfants, sauf s'il s'agissait de récidivistes. Tout enfant âgé de moins de 12 ans était logé du côté de la prison réservé aux femmes. Le plus jeune détenu du pénitencier de la rue Nicholas n'avait que six ans.

Ce n'est qu'au début du 20e siècle que la Société d'aide à l'enfance fut instaurée à Ottawa afin de protéger les enfants. Auparavant, une mère incarcérée devait amener ses enfants avec elle lorsqu'elle purgeait sa peine. Toutefois, si elle avait une famille, un juge était plus susceptible de mettre une femme à l'amende que de l'incarcérer.

Les conditions carcérales étaient dures et insalubres. Avec le froid mordant en hiver et la chaleur étouffante, la prison offrait un terrain fertile aux maladies. De nombreux détenus périrent au cours de leur incarcération.

Au delà des petites et inconfortables cellules se trouvait la potence, qui servait de sombre rappel aux éventuels malfaiteurs quant aux possibles conséquences de la commission d'un crime.

Trois personnes furent pendues à la prison de la rue Nicholas, le plus connu d'entre eux étant Patrick James Whelan, qui en fut puni en 1869 pour le meurtre de Thomas D'Arcy McGee, l'un des pères de la confédération. Cette pendaison, la dernière exécution publique de l'histoire du Canada, eut lieu en présence de plus de 5000 personnes.

En 1933, William George Seabrooke fut pendu à la prison, deux ans après avoir abattu un employé de station-service lors d'un braquage.

La dernière condamnation à mort accomplie à la prison fut celle d'Eugène Larment. Il fut pendu en 1946 pour le meurtre du détective Thomas Stoneman de la Police d'Ottawa.

Après plus d'un siècle d'activité, on ferma les portes de la prison de la rue Nicholas en 1972, en raison des conditions de vie déplorables y régnant. Les détenus furent déménagés au nouveau Centre de détention de la région Ottawa-Carleton à Blackburn Hamlet. Ironiquement, après la rénovation du bâtiment et sa réouverture en tant qu'auberge en 1973, un nouveau programme de travail destiné aux détenus leur proposait d'assurer une partie de l'entretien de l'immeuble.

Aujourd'hui, la prison est devenue, d'un froid et sinistre pénitencier, une auberge lumineuse et accueillante. Malgré cette nouvelle vocation, une grande partie de l'édifice demeure intacte. En effet, la potence a été laissée dans son état d'origine, et nombre des cellules sont inchangées.

Les voyageurs et autres membres du public peuvent s'offrir une visite guidée pour constater par eux-mêmes les conditions désagréables au sein desquelles vivaient les prisonniers.

  


 

Un regard sur la croissance routière en Ontario

Par Carol Macpherson

Les premiers systèmes de transport de l'Ontario ne ressemblaient en rien aux autoroutes que nous connaissons aujourd'hui. Les autochtones empruntaient les vastes cours d'eau pour se déplacer; en canot l'été et à pied sur la glace l'hiver. Ce système était si pratique que les gens, notamment explorateurs et militaires, l'adoptèrent en arrivant en ce pays.

policier diriger la circulationÀ l'aube du 19e siècle, on avait besoin de voies routières pour faciliter le peuplement de nouvelles régions, les déplacements de l'armée et les échanges commerciaux. Cependant, comme les divers ordres de gouvernement ne pouvaient s'accorder sur la responsabilité des routes, nombre d'entre elles furent ouvertes, puis abandonnées faute d'entretien.

L'ascension de l'automobile dans les années 1890 amena un nouveau mode de transport routier, qui gagna sans cesse en popularité. En 1907, le Canada ne comptait que 2131 voitures enregistrées, mais à l'aube de la Grande Guerre, moins de dix ans plus tard, elles se chiffraient à plus de 50 000.

Une législation provinciale portant sur les automobiles fut adoptée en 1903. La vitesse permise fut fixée à 15 m/h (24 km/h) et les propriétaires étaient désormais tenus d'enregistrer leurs véhicules. L'application de ces lois incombait principalement aux corps policiers municipaux.

Les permis de conduire entrèrent en vigueur en 1909 mais, pour une raison quelconque, seuls les chauffeurs conduisant les véhicules d'autrui devaient s'en munir.

La première traversée automobile du pays fut entreprise par Thomas Wilby et Jack Haney en 1912. On peut à peine la qualifier de traversée routière, comme le pays dans son ensemble ne comptait alors que 16 kilomètres de chaussée revêtue. Il fallut aux voyageurs 52 jours pour se rendre d'Halifax, Nouvelle-Écosse, à Alberni, Colombie-Britannique.

Rideau et Dalhousie Street en 1860


Comme c'est souvent le cas lors de tels périples, les deux voyageurs ne firent pas toujours bon ménage. Wilby rédigea un livre de 290 pages sur l'aventure et n'y cite pas une seule fois le nom de son chauffeur. Dans son propre compte-rendu du voyage, Haney souligne que Wilby ne l'aide pas une seule fois à changer un pneu ou à tirer la voiture de la boue, choses qui pourtant se produisirent à des centaines de reprises.

Toutes ces nouvelles voies routières et le nombre de véhicules les empruntant rendirent nécessaire le contrôle de la circulation. Durant les quelques premières années, il aurait incombé aux policiers de diriger la circulation à travers les plus achalandées des intersections urbaines. Enfin, en 1925, les premiers feux de circulation au Canada furent mis en service à Hamilton, en Ontario.

Les premières voies routières d'Ottawa

Le chemin Richmond serait possiblement la plus ancienne voie routière d'Ottawa. Construite en 1818, il reliait la base militaire de Richmond au débarcadère de Richmond, juste en dessous des chutes de la Chaudière, sur la rivière des Outaouais à l'endroit qu'on appelait alors Bytown.

Dans son livre « The History of the Ottawa Valley », paru en 1896, le révérend John L. Gourlay écrivait:

« On n'a jamais connu la raison pour laquelle ces distingués colons avaient opté pour les rives de la Jock, au lieu des celles des rivières Rideau ou des Outaouais. Ils arrivèrent au débarcadère de Richmond en 1818. Sous les ordres du sergent Hill, ils s'organisèrent pour tracer la route allant des plaines LeBreton, site de leur campement, à la Jock, qu'on appelle depuis lors le chemin Richmond. »

vieux centre ville d'OttawaPlusieurs des rues tracées par le Colonel John By à l'époque de la construction du canal Rideau existent toujours. Les rues Wellington, Rideau, Sussex et Sparks appartenaient toutes à cet ancien système routier. 

De nos jours, Ottawa compte 5661 kilomètres de chaussée, ainsi que 233 kilomètres de rues réservées aux piétons et aux transports collectifs et d'autoroutes. C'est déjà incroyable, et plus encore si l'on considère que la distance pour traverser le Canada d'un océan à l'autre est de 6521 kilomètres.

Ces voies routières sont encore patrouillées, principalement par le Service de police d'Ottawa, et certaines artères de la ville, notamment les autoroutes de la série 400 et les promenades, relèvent des compétences de la GRC et de la PPO. 


Fêtons le 150eanniversaire du Canada avec un coup d'œil sur la police à Ottawa, « hier et aujourd'hui » 

Par Lysia Filotas
(avec données tirées du « A History of the Ottawa Police » de Gilles Larochelle)

C'est dur à croire, mais la ville d'Ottawa, sous ses formes diverses, existe depuis plus longtemps que le Canada a été un pays. En fait, notre communauté fut établie en 1855, une bonne douzaine d'année avant la confédération. 

À l'occasion de l'anniversaire de notre pays, nous allons jeter un regard « hier et aujourd'hui » sur divers aspects de la police, en débutant par un bref aperçu historique.

Il y a cent cinquante ans, le Service de police d'Ottawa (SPO) avait une allure considérablement différente de celle de l'important organisme d'application de la loi qu'il est devenu depuis lors.

Les racines du SPO remontent à neuf agents à qui l'on confia la tâche de rétablir l'ordre dans la communauté de Bytown, violente, sans foi ni loi, et bourrée de conflits.

 

À l'encontre des agents de nos jours, ces policiers de Bytown ne portaient ni uniforme officiel ni arme à feu. Le corps de police n'était armé qu'en certaines occasions spéciales.

En outre, ces hommes ne touchaient pas de salaire régulier, mais étaient plutôt rémunérés en fonction des tâches qu'ils menaient à bien. Ces tâches allaient de la capture de chiens, vaches et chevaux errants, à l'inspection d'établissements pour en vérifier la propreté, en passant par la perception d'impôts. Si un agent appréhendait un malfaiteur, sa bonne action lui valait la somme d'un dollar.

Ce n'est qu'en 1866 - une année entière après que la constitution du village de Bytown et son adoption du nom d'Ottawa - que les agents furent rassemblés en une organisation à plein temps, recevant rémunération périodique pour leur travail. L'une des premières tâches du SPO était d'ordonner les propriétaires de puisards à les nettoyer ou se voir imposer des sanctions en vertu des règlements de la commission d'hygiène.

Il s'écoulerait bien des années avant qu'une policière ne se joigne à une équipe demeurée, jusque-là, exclusivement masculine. Flora Ann Campbell fut la première à être admise dans les rangs du corps policier, ce qui eut lieu le 31 décembre 1913.

Les années de service de Campbell attestèrent du besoin de policières pour veiller à la prévention du crime et à la protection des femmes et des filles. En 1936, Alice Goyette devint la deuxième femme à faire partie du SPO.

Avec la croissance du corps policier, la nécessité de locaux plus vastes se fit ressentir. En conséquence, la Police d'Ottawa connut plusieurs logis temporaires au centre-ville au cours des 50 années suivantes, jusqu'au jour où elle s'établit dans son emplacement présent sur la rue Elgin, qui fut construit en 1983.

Ottawa obtint des milliers d'hectares de terrain des villages de Nepean et de Gloucester, et la population de la ville passa de 162 442 habitants en 1949 à 193 219 l'année suivante. Aujourd'hui, environ 900 000 personnes habitent Ottawa, dont le territoire s'étale sur 2778 kilomètres carrés.

Les débuts d'expansion de la ville apportèrent au SPO un tout nouvel ensemble de responsabilités. Les agents se retrouvèrent confrontés à des problèmes ruraux, notamment de retrouver des veaux égarés et chevaux en cavale, et d'élucider des vols de foin. Les projets d'habitation et les entreprises faisant partie des terrains nouvellement acquis devaient également faire l'objet de patrouilles.

Les années 1960 furent pour le SPO une période de modernisation. À cette époque, des sections du corps commencèrent à se spécialiser en se concentrant sur des types particuliers de crimes.

Parmi les diverses unités spécialisées, on retrouvait l'escouade des fraudes, qui, en plus de faire enquête sur les fraudes, intervenaient en cas d'alertes liées aux vols de banques et braquages de commerces. De plus, deux voitures patrouillaient la ville lors des heures d'ouverture des banques.

Une technologie plus sophistiquée, comme par exemple un système de recherche d'information amélioré, qui réduisit le délai de recherche de dossiers et d'empreintes digitales de près de deux semaines à quelques minutes, fut aussi instaurée au poste de police dans les années 1960.

Ces changements ont contribué à la transformation du SPO en l'un des principaux organismes d'application de la loi que l'on retrouve présentement au Canada.

De nos jours, la police à Ottawa poursuit son évolution afin de mieux répondre aux besoins de la collectivité.

L'organisation continue à mettre en œuvre des méthodes inédites afin de maintenir la paix, l'ordre et la sûreté à Ottawa.

Soyez des nôtres tout au long de l'année, alors que nous examinerons de nombreuses facettes de l'évolution du domaine policier au fil du dernier siècle et demi.