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Garder vivante la communauté : la clôture d’espoir de Sandra Pilote
Au cœur de la Basse-Ville d’Ottawa, une rangée de bannières colorées flotte le long d’une clôture tranquille — des mots comme ESPOIR, PENSE POSITIF et SOIS GENTIL peints avec enthousiasme par les enfants du quartier.
Aujourd’hui un peu fanées par le soleil, la pluie et la neige, ces bannières, accrochées tout au long de l'année, demeurent pour Sandra Pilote un symbole vivant de ce que signifie le mot communauté.
Autrefois membre du comité Basse-Ville Notre Chez Nous, un groupe centré sur la vie de quartier et la solidarité entre voisins, Sandra a vu l’organisation disparaître après la pandémie.
« Depuis la COVID, le comité a perdu tout financement et n’existe plus vraiment, » dit-elle avec regret.
Mais sa passion, elle, ne s’est jamais éteinte. Au fil des ans, Sandra a tissé des liens solides avec les agents de police communautaire du Service de police d’Ottawa — des policiers de quartier qui s’impliquent activement auprès des résidents, travaillent à leurs côtés et contribuent à bâtir la confiance.
« Ils retroussent toujours leurs manches pour aider, peu importe la situation, » confie-t-elle. « L’agent Lemay est toujours prêt à soutenir nos projets et nous aider à redonner à notre communauté. »
Avec les derniers fonds reçus par le comité, Sandra a voulu faire quelque chose de significatif. « Nous avons acheté de la peinture, des pinceaux et des bannières que les enfants pouvaient décorer. Nous n’avions nulle part où les accrocher, alors j’ai décidé de les installer tout le long de ma clôture, » raconte-t-elle.
Ces bannières, éclatantes et pleines de vie, résistent aux hivers rigoureux comme aux étés brûlants. Pour Sandra, elles représentent bien plus que de simples œuvres d’enfants : elles rappellent que des enfants vivent ici, que des esprits créatifs habitent ce quartier, et qu’il suffit de peu pour semer de la joie et de la bienveillance.
Parfois, elle avoue se sentir dépassée par les tours qui s’élèvent autour d’elle et par les nouveaux commerces qui remplacent les familles d’agriculteurs qu’elle voyait autrefois au marché.
Mais malgré tout, elle garde un morceau du passé accroché à sa clôture — un symbole silencieux mais fort.
« Il y a encore une communauté ici, » dit-elle simplement. Et sur sa clôture, les couleurs de cette vérité continuent de flotter fièrement au vent.


