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La police d’Ottawa transforme les infractions mineures en occasions de changement
L’Unité de déjudiciarisation des adultes du Service de police d’Ottawa change la manière dont la ville aborde les infractions mineures.
Officiellement lancée en novembre 2023 après un projet pilote concluant, l’Unité offre aux personnes admissibles accusées d’infractions mineures — selon les critères établis par le ministère du Procureur général — des voies vers la réhabilitation et le soutien, plutôt qu’un passage par le système judiciaire criminel.
Les agents de police identifient les dossiers admissibles et les transmettent à l’Unité, qui les oriente ensuite vers la Société Elizabeth Fry d’Ottawa pour évaluation.
Comme l’explique le sergent intérimaire Ryan McEachran : « Il s’agit de prendre en compte l’humain derrière le crime, les facteurs de risque. Peut-être que quelqu’un a volé de la nourriture dans une épicerie — plutôt que de simplement arrêter et accuser, on va plus loin : pourquoi a-t-il fait ça ? Que se passe-t-il dans sa vie ? Comment peut-on aider ? »
Depuis son lancement pilote en 2023, l’Unité de déjudiciarisation des adultes a traité environ 538 personnes, avec un taux de réussite de 78 % pour les participants ayant complété le programme. Ce succès se traduit également en retombées concrètes pour les victimes : environ 25 000 $ en dédommagements ont déjà été versés, avec 21 000 $ supplémentaires attendus en 2025. Rien que cette année, 134 dossiers ont été pris en charge par l’Unité : 104 ont été référés à Elizabeth Fry pour un programme de déjudiciarisation, 28 ont été complétés avec succès et 76 sont toujours en cours.
L’évaluation minutieuse menée par Cst. Kim Yeldon et Cst. Derek Van Zutphen tient compte non seulement du parcours de la personne accusée, mais aussi des besoins de la victime, intégrant ainsi le programme dans le Plan communautaire de sécurité et de bien-être de la Ville d’Ottawa.
Les critères d’admissibilité ont été élargis par le programme provincial pour inclure davantage d’infractions mineures souvent liées à des pressions socio-économiques — des situations où le soutien social peut briser le cycle de la récidive. Ce processus simplifié et virtuel permet également aux agents de police de gagner du temps afin de se concentrer davantage sur la prévention du crime et l'engagement communautaire.
Pour ceux qui y participent, le programme peut transformer une vie.
« Je traversais une période très difficile et j’ai commis un acte illégal, » raconte un participant. « Le SPO m’a littéralement sauvé la vie au lieu de m’envoyer en prison ou de me donner un casier judiciaire. Grâce à ce programme, j’ai enfin reçu l’aide que j’attendais depuis cinq ans… Je ne pourrai jamais assez remercier le SPO de m’avoir ouvert cette porte et permis de redevenir la personne que j’étais. »
Ce programme permet aux contrevenants d’être tenus responsables de leurs actes par des moyens alternatifs, en dehors du cadre traditionnel du système judiciaire.
Avec des centaines de dossiers référés depuis la fin de 2022 — pour des infractions telles que le vol, les voies de fait et les méfaits — l’Unité de déjudiciarisation démontre que la compassion, la responsabilisation et les partenariats communautaires peuvent être tout aussi efficaces que l’application classique de la loi pour assurer la sécurité à Ottawa.
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