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Passer le flambeau : Pierre et Simon Lalonde
Quand Pierre Lalonde est entré pour la première fois au Centre des communications du Service de police d’Ottawa, en avril 2001, il ne savait pas qu’un simple conseil de son père allait changer le cours de sa vie — et, des années plus tard, celle de son fils aussi.
À l’époque, Pierre travaillait dans le commerce de détail. Il n’était pas heureux et cherchait quelque chose de plus significatif. Son père, déjà employé au Centre des communications, lui a parlé de postes disponibles et l’a encouragé à poser sa candidature. Pierre ne savait pas vraiment en quoi consistait le travail — seulement qu’il avait besoin de changement.
« Honnêtement, quand j’ai appliqué, je n’avais aucune idée de ce que faisait le poste, » raconte Pierre en riant. « Je détestais tellement le commerce de détail que j’étais prêt à essayer n’importe quoi. Mais une fois commencé, je me suis senti chez moi. »
Ce « chez soi » allait devenir la base d’une carrière de 25 ans. De communicateur policier à superviseur, puis gestionnaire d’équipe, Pierre a passé des décennies à guider ses collègues dans le monde exigeant et rapide des communications d’urgence — un milieu qui demande à la fois calme, clarté et compassion.
Et maintenant, cette vocation se poursuit à travers son fils, Simon.
Au départ, Simon ne s’imaginait pas suivre les traces de son père. En grandissant, le travail faisait partie du décor — quelque chose de normal, presque invisible.
« Je n’avais jamais vu ça comme une option de carrière, » dit Simon. « Ce n’est pas un métier dont on entend souvent parler. Mais chaque fois que j’allais au Centre, ça me semblait naturel. »
Quand est venu le temps de choisir son cheminement postsecondaire, ce sentiment de familiarité — d’appartenance — a pris tout son sens.
« Travailler pour la police, ça m’a semblé tout simplement juste, » explique-t-il. « C’est un travail utile. Quelqu’un doit le faire. »
Aujourd’hui, Simon débute sa carrière à l'Unité de déclaration à la police, un des premiers points de contact pour les citoyens qui appellent pour obtenir de l’aide. Il ne sait pas encore s’il finira au Centre des communications d’urgence comme son père, mais pour l’instant, il est exactement là où il veut être.
« Au début, mon objectif, c’était les communications d’urgence, » raconte-t-il, « mais j’ai réalisé que je veux surtout bien faire mon travail, peu importe où je suis. J’aime vraiment ce que je fais à l'Unité des déclarations. »
Pierre reconnaît chez son fils quelque chose de familier — une stabilité tranquille.
« Ça va peut-être sonner comme si je me vantais, » dit-il en souriant, « mais je vois beaucoup de mes qualités en lui : rester calme sous pression, ne pas se laisser atteindre. Quand tu es calme, tu peux calmer les autres, que tu sois au téléphone ou à la radio. L’énergie que tu dégages influence la personne à l’autre bout de la ligne. »
Ce calme, il semble bien que ce soit de famille. Simon attribue sa sérénité non pas à un apprentissage, mais à l’exemple de son père.
« Je pense que je tiens ça de lui, » dit-il. « Même dans les moments difficiles, j’ai toujours su garder les pieds sur terre. Au travail, même avec les appels difficiles, je ne ressens pas de grand stress. Je reste ancré. »
Pierre hoche la tête. « Il a toujours été comme ça, » dit-il. « Même petit, son calme m’aidait à rester calme moi aussi. Peut-être que c’est moi qui prends ça de lui. »
Les deux partagent plus que leur tempérament — ils partagent des valeurs. Pour Simon, voir son père gérer des situations critiques pendant des années lui a appris quelque chose d’essentiel : l’importance du jugement, de l’empathie et de l’instinct.
« Mon père sait toujours quoi faire, » dit-il. « Même quand quelque chose d’imprévu arrive, il trouve la solution. J’essaie de faire pareil — pas juste suivre le manuel, mais vraiment aider les gens. Parce que si tu n’aides pas, qu’est-ce que ça sert? »
Pierre sourit, fier mais protecteur. Comme plusieurs membres d’expérience du Service, il a hésité quand son fils a voulu se joindre à l’organisation.
« Quand il m’en a parlé au début, j’ai essayé de le décourager, » avoue-t-il. « Pas parce que ce n’est pas gratifiant, mais parce que ça te change. Ce n’est pas un travail facile. Les gens ne nous appellent pas parce qu’ils passent une bonne journée. Il faut être prêt pour ça. »
Mais quand Simon a montré que sa motivation venait du cœur, Pierre s’est concentré sur le positif — le sentiment d’utilité, l’esprit d’équipe, le privilège d’aider les gens quand ils en ont le plus besoin.
« Il y a tellement d’avantages, » dit Pierre. « C’est valorisant de faire une différence, d’apporter quelque chose à la société. C’est ce qui me motive — essayer de rendre le milieu de travail meilleur, de le laisser dans un meilleur état que je l’ai trouvé. »
Simon a compris cet équilibre — entre réalisme et optimisme — et cela n’a fait que renforcer sa décision. « Le fait d’entendre parler des côtés difficiles sans que ça me fasse changer d’avis, ça m’a confirmé que je voulais vraiment faire ça, » dit-il. « Ce n’est pas pour le salaire ou la pension, même si c’est bien.
C’est pour savoir que j’aide des gens qui en ont vraiment besoin. »
Pour les Lalonde, « passer le flambeau » veut dire bien plus que suivre une carrière : c’est transmettre un calme durant des situations critiques, une fierté de servir et une compassion pour les gens dans leurs moments les plus vulnérables.
Trois générations de Lalonde ont servi au sein du Service de police d’Ottawa, chacune répondant à sa manière à l’appel et aidant les citoyens d’Ottawa à obtenir l’aide dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin.
Un héritage partagé de service, de compassion et de sang-froid — transmis, un appel à la fois.
