Programme d’Équipe d’intervention de crise
Le Service de police d'Ottawa (SPO) a récemment instauré un Programme d’Équipe d’intervention de crise (EIC), une démarche reconnue à l’échelle internationale et employée à travers l’Amérique du Nord depuis les années 1980.
À Ottawa, le nombre d’appels de service liés à la santé mentale a augmenté de 15 % depuis 2019, tandis que les événements comportant une facette de santé mentale ont connu une augmentation de 30 % au cours de la même période.
Le programme EIC a pour but de soutenir les personnes traversant des crises liées à la santé mentale ou la toxicomanie, tout en respectant les priorités communautaires et en proposant une stratégie fondamentale d’intervention relative à la santé mentale. Cette stratégie à longue échéance de la Police d’Ottawa s’inscrit dans la démarche globale de la Ville d’Ottawa visant à accroître la sûreté et le bien-être de la collectivité.
La formation EIC a pour objectifs de :
- Rehausser les compétences en désescalade et doter les agents d’une compréhension approfondie de la législation portant sur la santé mentale;
- Fournir des outils pour une navigation efficace des systèmes et une mobilisation des ressources communautaires;
- Mettre l’accent sur des démarches tenant compte des différences culturelles et des traumatismes afin de mieux servir les personnes en situation de crise.
Le programme garantit la présence d’un agent formé en EIC au sein de chaque peloton de première ligne, ainsi que de plusieurs autres agents pour répondre au nombre accru d’appels de service relatifs à la santé mentale. De ce fait, ceci apporte une couverture en tout temps à travers la ville.
Ces agents constituent un groupe diversifié; entre eux, ils parlent anglais, français, tagalog, ourdou, somali, coréen, twi, créole, dari, tchèque, et italien. Nombre d’entre eux comptent de l’expérience professionnelle ou bénévole au sein de la collectivité dans divers domaines, notamment l’itinérance, la prévention du suicide, les services à la jeunesse, la santé communautaire, les centres d'injection sécuritaire, et les établissements correctionnels.
La philosophie
La philosophie EIC regroupe notamment des experts en la matière de l’intervention policière relative à la santé mentale, des professionnels de la santé et des situations de crise, et des membres ou groupes de la collectivité au vécu pertinent, afin de collaborer à la mise au point d’une programmation et pour appuyer les interventions communautaires liées à la santé mentale. L'Unité de santé mentale (USM) du SPO met en pratique cette philosophie globale depuis son instauration, il y a plus d’une vingtaine d’années.
La formation
Les instructeurs EIC du SPO passèrent trois mois à collaborer avec divers partenaires communautaires et des services de santé mentale pour élaborer une formation et des scénarios pertinents pour nos communautés locales. La formation comprenait des modules portant sur diverses facettes d’une crise liée à la santé mentale, le spectre du bien-être mental et des maladies mentales majeures, les incidences et la sensibilité culturelles, les traumatismes intergénérationnels et communautaires, la terminologie et les lois en matière de santé mentale, les soins pour le rétablissement et l’intervention face à l’accoutumance, un survol de la prévention du suicide, et des démarches tenant compte des traumatismes. Les participants visiteront également des installations pour se familiariser directement avec le système de traitement et les ressources de soutien communautaires et de rechange.
Même si la formation initiale est d’une durée de quarante heures, ce programme comprend formation et développement des compétences, collecte de données, et bilans de situation continus en vue d’appuyer l’apprentissage, l’amélioration, et le bien-être continus, tout en éclairant les évaluations et la production de rapports.
Depuis que les agents EIC ont terminé leur formation, il y a un mois, ils ont confié qu’ils mettent systématiquement en œuvre leur formation d’Équipe d’intervention de crise (EIC), non seulement dans le cadre de situations liées à la santé mentale, mais aussi lors de toutes sortes de situations quotidiennes.
« Plusieurs agents EIC ont confié que la formation avait accru leur confiance pour échanger avec des personnes en situation de crise liée à la santé mentale ou la toxicomanie », dit le sergent d’état-major Ali Toghrol. « Les compétences de communication et de désescalade mises au point lors de leur formation ont donné des résultats clairs et évidents sur le terrain. Les agents continuent à faire part d’expériences encourageantes, où ils ont su ralentir des situations, faire appel à d’efficaces techniques de désescalade, et établi de bonnes relations avec des membres de la collectivité. »
Des agents EIC ont également secondé l’Unité de la santé mentale lors d’interventions, où leur apport a immanquablement favorisé des issues positives.
« Il est évident que nos agents EIC abordent ce travail avec dévouement, compassion, et professionnalisme, améliorant non seulement la prestation de nos services mais aussi les liens que nous entretenons au sein de la collectivité, » ajoute Toghrol.
Le SPO dispose de plusieurs précieux partenaires municipaux qu’il souhaite saluer et remercier de leur apport au programme. Même s’ils ne préfèrent pas tous que leur participation soit reconnue publiquement, nous pouvons mentionner que parmi ces partenaires, on compte: Centre de santé communautaire du Centre-ville et la Navigation communautaire de l’Est ontarien / Centre de contact 211 Région de l'Est, l’équipe mobile de crise (ECM) de l’Hôpital d’Ottawa, le Centre de santé Royal Ottawa, le Bureau des services à la jeunesse d’Ottawa, Recovery Care, l’Équipe d’Intervention en matière de bien-être mental du Service paramédic d’Ottawa, Psychiatric Survivors of Ottawa, Rideauwood Addiction and Family Services, et la Société de l’aide à l’enfance d’Ottawa.
Le SPO tient aussi à remercier le ministère du Solliciteur général, qui a appuyé et financé ce programme.
Données sur la santé mentale
Quelques statistiques du CTSM et de l’ACSM sur la santé mentale au Canada:
- En toute année, un Canadien sur cinq est atteint d’une maladie mentale;
- 10 millions de Canadians déclarent leur santé mentale comme étant « mauvaise » ou « modérée », soit trois fois plus qu’avant la pandémie;
- 4000 Canadiens par année meurent par suicide – une moyenne de près de onze suicides par jour. Il affecte les gens de tous les âges et de tous les milieux;
- Comparativement à la population générale, les gens ayant une maladie mentale sont deux fois plus susceptibles d’avoir un trouble lié à l'usage d'une substance psychoactive. Une personne atteinte de schizophrénie sur deux peut être aux prises avec un tel trouble.
