Composer avec la mort

Les agents de police sont souvent appelés à se rendre dans des résidences ou autres lieux où des morts ont été signalées, ou pour aviser des proches d'un décès.

Bien sûr, chaque situation est différente, mais voici néanmoins quelques-uns des conseils les plus couramment proposés:

  • Rassemblez autour de vous les gens qui constituent votre réseau de soutien (des membres de votre famille et de votre groupe confessionnel, vos proches, et autres, soit quiconque à qui vous pouvez parler, sur qui vous pouvez compter et qui vous donne la force et l'encouragement nécessaires.
  • Informez vos intimes du décès et demandez-leur d’aviser vos autres connaissances pour vous.
  • Si les lieux du décès (votre maison, votre automobile, etc.) doivent être nettoyés, il n’est pas nécessaire de vous en charger vous-même. Le sang et les liquides corporels peuvent présenter un danger pour votre santé. Vous risqueriez par ailleurs de gêner le travail des enquêteurs. Une fois l’enquête terminée, vous pouvez confier, à un service de nettoyage des matières nocives pour l'organisme, le soin de décontaminer les zones touchées. Renseignez-vous auprès de votre assureur avant de prendre des dispositions.
  • Sachez que la police pourrait vous rendre visite de nouveau pour vous demander d’identifier le défunt et de répondre à certaines questions, ou pour récupérer des effets personnels.
  • Consultez votre assureur pour savoir si celui-ci préconise une démarche particulière dans un tel cas.
  • Occupez-vous des questions de droit (p. ex., déterminez le nombre de copies du certificat de décès dont vous aurez besoin, repérez le testament, commencez à remplir les demandes d’indemnité et autres réclamations).
  • Renseignez-vous sur les ressources auxquelles vous et vos proches pouvez faire appel pour vous aider à traverser cette épreuve.
  • Et surtout, reposez-vous et prenez soin de votre santé.

Services aux victimes

L'Unité de soutien aux victimes du Service de police d’Ottawa jumelle ses efforts à ceux de Services aux Victimes d'Ottawa pour fournir de meilleurs services de conseiller, d’aiguillage et d’aide pratique. Si vous y consentez, votre cas sera confié à Services aux victimes d'Ottawa, un groupe formé d'une soixantaine de bénévoles disponibles tous les jours, 24 heures par jour, qui vous offriront de l’aide supplémentaire.

Si vous devez vous préparer en vue d’un procès criminel, informez-vous auprès du Programme d’aide aux victimes et aux témoins (PAVT) au sujet de la procédure et des ressources à votre disposition. Pour joindre le PAVT, composez le 613-239-1229. N'oubliez pas que vous avez le droit :

  • d’être informé de la date, de l’heure et de l’emplacement du procès;
  • de rencontrer l’avocat de la Couronne;
  • de vous faire entendre et d’être présent à l’audience.

En tant que victime, vous n’êtes pas dans l’obligation de retenir les services d’un avocat. L’avocat de la Couronne se chargera d’intenter les poursuites et, quand il le pourra, parlera en votre nom.

Il importe de régler dès que possible les détails relatifs aux funérailles. Les décisions concernant l’inhumation, l’embaumement ou l’incinération sont habituellement prises avec l’aide d’un salon funéraire.

Prévoyez discuter:

  • Des dates et heures qui conviennent;
  • De l’œuvre de bienfaisance qui recevra les dons commémoratifs;
  • Des questions financières;
  • De l’inhumation ou de l’incinération, et des visites;
  • Du type de service funéraire que vous désirez (p. ex., exposé, style de service, religieux ou non, etc.).

Le salon funéraire se charge:

  • De transporter le défunt;
  • De préparer et d’embaumer le corps;
  • D’organiser le service et d'y affecter le personnel requis;
  • De rédiger et de diffuser l'annonce de décès;
  • De produire le certificat de décès et de vous en fournir des exemplaires;
  • Des dispositions administratives et cérémoniales pertinentes;
  • De vous aiguiller vers d’autres services, le cas échéant.

Les salons et entreprises funéraires décrits comme étant des services de transfert offrent une option peu coûteuse appelée « disposition directe ». Cette option comprend l'enlèvement du défunt de l’endroit où il est décédé, la mise en place du défunt dans un cercueil ou dans un contenant, le transport du défunt au cimetière ou au crématorium et la rédaction de tous les documents nécessaires.

Bien qu’aucune loi ne vous oblige à faire appel à un salon funéraire ou à un service de transfert, certains documents juridiques doivent être remplis afin d’enregistrer le décès ou de prendre les dispositions nécessaires pour l’incinération, l’embaumement ou l’inhumation. Les cimetières et crématoriums exigent qu’un cercueil ou un contenant soit utilisé; par ailleurs, il peut être difficile de transporter un corps. Assurez-vous de vous conformer à la loi.

Les frais varient en fonction des services funéraires que vous choisissez. Tous les entrepreneurs de pompes funèbres et exploitants de services de transfert sont tenus par la loi de  mettre leur liste de prix à la disposition du public, ce gratuitement et sans obligation de sa part. 

Le décès d’un proche est toujours une expérience pénible et douloureuse. Au fil du temps, il se peut que vous soyez plongé dans une profonde tristesse qui vous semblera accablante.

Il se peut notamment que vous soyez essoufflé, que vous perdiez l’appétit, que vous vous sentiez vulnérable ou coupable, que rien ne vous intéresse, ou que vous ayez des pertes de mémoire.

Ce sont là des réactions tout à fait normales. Toutefois, si ces symptômes persistent, demandez l’aide d’un spécialiste.

Si vous avez perdu un être cher à la suite d’un crime, le processus du deuil est plus complexe. Il y aura enquête policière. La police portera des accusations criminelles, et ces accusations pourront mener à un procès devant un tribunal criminel. D’autres personnes prendront peut-être des décisions ayant une incidence sur vous et votre famille. Tout cela engendre des frustrations supplémentaires.

Soyez conscient de la façon dont vous et ceux qui vous entourent faites face à la situation. Rappelez aux autres qu’ils ne sont pas seuls et de ne pas oublier que le deuil de l’être cher est normal et nécessaire à leur rétablissement. Prenez le temps de vous remettre et reportez tout changement majeur ou décision importante. 

Soyez particulièrement attentif à la réaction des enfants. Le deuil est tout aussi important pour eux que pour les adultes. Toutefois, les enfants pourraient exprimer leur tristesse de manière bien différente. Il n’est pas inhabituel de constater que les enfants soient très malheureux, puis que quelques minutes plus tard, ils s’amusent gaiement. Ne les empêchez pas de pleurer et d’exprimer leurs sentiments, même la colère.

Surtout, les enfants ont besoin de se sentir en sécurité, de se sentir aimés et de savoir qu’on s’occupe d’eux. Parlez-leur simplement et directement pour leur expliquer qu’un être cher est décédé.

Quelques conseils:

  • Répondez à leurs questions en vous assurant qu’ils soient satisfaits de votre réponse et n'apportez pas plus de détails qu’il n'en faut. Donnez-leur une brève explication et répondez à leurs questions dans un langage qui convient à leur âge et que les enfants comprennent facilement;
  • N’hésitez pas à employer des mots tels que « mourir » et « la mort »;
  • Ne dites jamais aux enfants des choses qu’ils devront désapprendre plus tard (p. ex., « grand-maman est partie » ou « grand-maman dort »). L’enfant doit comprendre que la mort est un état permanent et que l’être cher ne reviendra jamais;
  • Dites aux enfants qu’il est tout à fait acceptable d'afficher leurs émotions;
  • Rassurez les enfants du fait qu'ils sont aimés et qu'on prendra soin d'eux.

Vous êtes en droit d’obtenir des mises à jour régulières de la part des enquêteurs de police, et ces derniers ont le droit de faire leur travail. Vous pourriez ne pas immédiatement avoir  accès à certains documents portant sur des enquêtes en cours.

Selon la Charte des droits des victimes, vous êtes en droit d’être informé des services qui s'offrent à vous, de l’état d’avancement des enquêtes se rapportant au crime, de toute accusation portée ou des motifs pour lesquels aucune accusation n’est portée. Vous êtes en droit d’être avisé des dates et du lieu des procès, et de l’issue de toutes les instances, et vous êtes en droit de formuler des observations devant le tribunal par la voie d’une Déclaration de la victime.

Lorsque la police a recueilli toutes les preuves relatives à une dépouille, celle-ci est transportée à l’hôpital si une autopsie doit être pratiquée. Habituellement, on procède à une autopsie si l’on estime qu'elle permettra d'élucider certains faits sur la cause du décès ou sur la maladie à son origine. Dans certains cas, un proche peut refuser qu’une autopsie ait lieu. Si le décès présente des aspects douteux ou incertains, le coroner peut exiger une autopsie qui ne peut alors être refusée.

Un coroner est un fonctionnaire désigné. En Ontario, selon la Loi sur les coroners, les cas qui relèvent du coroner sont, notamment:

  • Les morts subites ou inattendues;
  • Les décès résultant d’un acte de violence;
  • Les suicides;
  • Les décès survenant dans des circonstances suspectes, inhabituelles ou contre nature.

Un coroner peut exiger une autopsie. En plus de permettre d’établir la cause du décès, une autopsie sert à identifier la victime et à vérifier l’heure de son décès. Des matières sont prélevées comme preuves médicales (p. ex., projectiles, cheveux, fibres, sperme, etc.) et à des fins de vérification toxicologique (p. ex., sang, liquides corporels, etc.).

En général, une autopsie n’empêche pas la famille de voir le corps. Toutefois, il faut savoir qu’une autopsie est un examen médical qui peut comprendre des incisions et l’examen des organes internes et des tissus. Il peut donc être difficile sur le plan affectif de constater les résultats d’une autopsie.

Le coroner peut fournir des renseignements concernant le décès. Sur présentation d’une demande écrite, vous recevrez une copie de la déclaration d’enquête du coroner (l’enquête peut prendre plusieurs mois à compléter). Vous devrez payer des droits au moment de la présentation de votre demande qui, selon la situation, sont parfois remboursés par les assureurs. Lorsque le coroner remet le corps du défunt à la famille, le transport peut être confié à un salon funéraire ou à un autre fournisseur de services.

Être touché par un événement traumatisant est difficile en soi. Devoir, en plus, faire face aux journalistes alourdit le problème. Dans certains cas, votre coopération avec les journalistes peut venir en aide à autrui. Par contre, cette expérience peut devenir très pénible si elle n’est pas menée convenablement.

C’est votre droit de choisir de vous entretenir avec les journalistes ou de ne pas le faire. Par conséquent, si un journaliste vous téléphone au nom d’un journal, d’une chaîne de télévision ou d’une station de radio, vous pouvez lui accorder un entretien ou vous y refuser.

Voici quelques conseils:

  • Choisissez l’heure et l’endroit où auront lieu les entrevues. Bien que les journalistes aient des échéances à respecter, vous n'avez aucune obligation envers un journaliste qui se présente chez vous à l'improviste;
  • Sachez que vous n’êtes pas tenu de répondre à des questions qui vous mettent mal à l’aise ou que vous jugez déplacées;
  • Si une entrevue devient hostile, biaisée ou trop exigeante sur le plan affectif, vous êtes en droit d’y mettre fin et de vous en aller;
  • S’il y a lieu, demandez à conserver l’anonymat;
  • Publiez une déclaration écrite au lieu de donner une entrevue;
  • Désignez un porte-parole, au besoin (p. ex., un membre de la famille ou un avocat) pour parler en votre nom;
  • Sachez qu’un journaliste peut rapporter tous vos propos, même les commentaires « confidentiels »;
  • Exigez que des corrections soient apportées si des renseignements inexacts sont diffusés. 

Si les frais des funérailles ou de l’inhumation sont au-dessus de vos moyens, parlez à votre fournisseur (salon funéraire ou service de transfert) des prestations de décès possibles pour le défunt.

Les prestations les plus couramment disponibles sont celles du Régime des pensions du Canada (RPP), des Anciens Combattants Canada et des polices d’assurance-vie.

En cas d’urgence, la Ville d’Ottawa peut contribuer à assumer, en partie, les frais des funérailles et de l’inhumation. Pour présenter une demande, composez le 613-560-6000 et le ou la téléphoniste vous mettra en liaison avec le service approprié.

Parfois, la Commission d'indemnisation des victimes d'actes criminels peut, en cas de crime, vous indemniser pour votre perte. Pour joindre un préposé, composez le 1-800-372-7463.

En premier lieu, il est judicieux de consulter un avocat.

Si le défunt n’a pas rédigé de testament, le tribunal nommera le Bureau du Tuteur et curateur public comme fiduciaire de la succession, et tous les biens seront distribués conformément à une formule établie par la loi. Quiconque réclame une part de la succession doit prouver qu’il est héritier. Pour plus de renseignements, consultez le site Web du Bureau du tuteur et curateur public ou téléphonez-leur en composant le 1-800-891-0506.

De plus, consultez le site www.gov.on.ca pour connaître la marche à suivre lorsque quelqu'un décède, ainsi que pour vous procurer les formulaires nécessaires fournis par le gouvernement de l’Ontario. Pour obtenir de l’aide additionnelle, consultez le site de l’organisme Familles endeuillées de l’Ontario – région d’Ottawa ou téléphonez-leur au 613-567-4278.